Comment va la France deux ans après les attentats du 13 novembre ?

Je suis Charlie / Pixabay
13 novembre 2017
Par Benoit Hanrot
Deux ans après, l’Etat commémore les attaques parisiennes où 130 personnes ont péri. Le chef de l’Etat devrait rendre un hommage silencieux aux victimes. Deux ans après, les Français ont appris à vivre avec la peur de nouveaux attentats. Décryptage :

Emmanuel Macron doit se rendre aujourd’hui sur chacun des lieux des attaques frappés par les attaques du 13 novembre 2015, sur le parvis du Stade de France puis sur les terrasses des cafés et restaurants visés, Le Petit Cambodge, Le Carillon et la Belle Equipe avant de finir par le Bataclan où les terroristes ont fait 90 morts. Le chef de l’Etat ne prévoit pas de prendre la parole, simplement de se recueillir de manière silencieuse. C’est d’ailleurs la première fois qu’un Président commémore ces attaques.

Pour les Français, la menace est présente, la sécurité aussi

Deux ans après le 13 novembre 2015, la France n’est plus en état d’urgence. Selon un récent sondage Ifop (réalisé les 9 et 10 novembre 2017), 92% des sondés jugent la menace « élevée ». Pour le directeur général adjoint de l’institut de sondage, « les Français ont intériorisé cette menace avec une opinion extrêmement homogène ».

D’autre part, 73% des sondés se sentent « autant en sécurité » qu’avant la levée de l’état d’urgence, 5% « plus » et 23% « moins ». Un sentiment partagé par Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’Etat aux Armées qui rappelle que la menace terroriste est encore bien présente dans l’Hexagone, qu’il faut continuer de « vivre avec cette certitude ».

La vraie menace vient de l’intérieur

Policiers, magistrats et chercheurs sont tous sur la même longueur d’ondes : Daesh n’est plus en mesure de renouveler une attaque aussi complexe que lors du 13 novembre 2015. Cependant, pour les acteurs de la lutte antiterroriste, la menace vient désormais de l’intérieur. La semaine dernière, un coup de filet a été opéré dans la région parisienne ainsi que sur la Côte d’Azur.

Cette année, trois personnes ont été tuées par ce terrorisme islamiste. On pense également au policier berruyer abattu sur les Champs-Elysées en avril et aux deux étudiantes poignardées à la gare Saint-Charles de Marseille le 1er octobre. Pour autant, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb se veut confiant. Dans les colonnes du JDD, il déclarait hier que « nous sommes mieux armés qu’il y a deux ans » et que « nous arrivons à déjouer des réseaux qu’on n’aurait pas repérés il y a deux ans ».