Et si on hébergeait des malades qui attendent une opération ?

La pénurie de lits se poursuit dans les hôpitaux français et anglais / Pexels
31 octobre 2017
Par Benoit Hanrot
Les hôpitaux sont souvent blindés et manquent de lits pour accueillir tous les patients. Parfois obligé d’attendre des dizaines d’heures avant d’être pris en charge, le malade partage son temps entre patience, ennui et stress. Mais en Angleterre, une solution est peut-être en passe d’être trouvée. Décryptage :

Vous vous réveillez en pleine nuit avec des douleurs violentes dans le bas du ventre. Aucun médicament ne fait effet et aucun médecin de garde ne répond au téléphone. Dernière solution : aller aux urgences, en sachant très bien tout le parcours du combattant qu’il va vous falloir faire pour être examiné par un médecin. Après une heure de route, vous arrivez sur place et ce qui devait arriver arriva. Vous découvrez une quinzaine de personnes devant vous, aux pathologies les plus improbables. Pas une place assise et une seule chose à faire désormais : attendre.

Une solution pour lutter contre les pénuries de lits

Pour remédier au manque de lits, les autorités françaises ont trouvé une solution. 41 hôpitaux ont été sélectionnés pour tester des hôtels hospitaliers. Il s’agit d’établissements accueillant des patients. C’est le cas des hôpitaux de Tours, de Dijon ou encore de la clinique du Parc à Autun. La mesure vise évidemment à éviter de surcharger les lits au CHU, développer l’ambulatoire et à faire des économies pour l’assurance maladie. Concrètement, si vous avez besoin d’une opération, vous pourrez bénéficier d’un lit avant et après le passage sur le billard.

Bientôt un Airbnb santé ?

En Angleterre, pas d’hôtel mais des particuliers

De l’autre côté de la Manche, le problème de lits est aussi présent. Pour remédier à cette crise sanitaire, le NHS, la sécurité sociale britannique a imaginé plusieurs solutions dont l’une serait de loger des patients chez des particuliers. Une entreprise a monté un site, une sorte d’Airbnb de la santé, qui propose de loger des patients avant traitement ou en convalescence près des hôpitaux moyennant finances. La nourriture serait livrée par l’hôpital et le propriétaire serait rémunéré plus de 50 euros par nuit.

Mais face à la polémique, le projet a finalement été suspendu en attendant d’être examiné sous une autre forme. Parmi les autres solutions envisagées, l’interdiction direct aux urgences, sauf cas extrême. Un dispositif qui fait aussi l’objet d’une attention toute particulière en France.