Info locale

Orléans : une maman se bat pour son fils victime de harcèlement

08 novembre 2018 à 09h57 Par Benoit Hanrot
Dylan S.
Crédit photo : Vibration

C’est aujourd’hui la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. L’occasion de rappeler que chaque année, 700 000 élèves souffrent de moqueries, mises à l’écart ou encore violences morales et physiques quotidiennement. Exemple dans le Loiret avec l’exemple de Dylan S.

Dylan est un garçon de 13 ans. Il vient de changer d’établissement et est scolarisé au collège Jean Pelletier d’Orléans depuis la rentrée de septembre. Un garçon sans histoire et qui ne semblait pas en vouloir. De nature particulièrement réservée, l’adolescent est régulièrement victime de moqueries de la part de ses camarades. Jusqu’au 16 octobre dernier où les moqueries se transforment en coups. D’après sa mère, c’est en rentrant de l’école en bus chez son père (les parents sont divorcés) que Dylan a été violemment frappé par un jeune garçon de 10 ans qui l’a projeté au sol. Plusieurs autres jeunes en ont profité pour l’agresser. Une pluie de coups sous le regard de plusieurs adultes qui n’ont pas osé intervenir.

Ce jour-là, Dylan a le réflexe de se rendre rapidement chez son père et de prévenir ses deux parents de l’épisode qu’il venait de vivre. Particulièrement choqué, il n’ose pas sortir de chez lui, de peur d’être à nouveau agressé. Sa mère prévient alors l’établissement. Son interlocuteur ne semble pas surpris lorsqu’elle lui annonce le nom de l’enfant qui a porté le premier coup. Puis direction l’hôpital pour passer des examens. Le verdict tombe : 10 jours d’Incapacité Temporaire Total pour un traumatisme crânien et des contusions au thorax, à un poignet et à une cheville. La journée se termine par une plainte déposée à l’Hôtel de Police.

Le lendemain, la mère se rend au collège pour délivrer le certificat médical et demander s’il y aura des suites à cette affaire. Elle est reçue par le principal qui aurait affirmé ne rien pouvoir faire car les faits avaient été commis en dehors de l’établissement et que Dylan ne s’était pas manifesté auparavant pour dénoncer certaines brimades dont il faisait l’objet.

Le jeudi 18 octobre, lors d’une réunion parents/professeurs, la mère de Dylan tombe des nues en apprenant qu’aucun des professeurs présents (dont le professeur principal de l’enfant) n’avait été mis au courant de l’affaire. Certains ont même paru choqué en découvrant les faits. Le lendemain, nouvelle réunion avec le Principal du collège qui propose à la mère de placer son fils dans une salle à part pendant les récréations afin que ce dernier ne soit pas exposé aux autres élèves. « C’est la victime qui est sanctionnée » répondra amère sa maman.

Quelques jours passent, Dylan reste à la maison jusqu’au mercredi suivant pour se rendre à nouveau à l’hôpital car son poignet le fait souffrir. L’ITT passe de 10 à 21 jours. Hier, mercredi 7 novembre, il a fait son retour au sein de son établissement pour la première fois depuis son agression. Cela ne s’est pas forcément bien passé puisque le garçon a croisé ses agresseurs qui se sont permis de l’intimider à nouveau.

De son côté, sa mère a lancé un appel au secours, via une lettre dans laquelle elle relate ce qui vient d’être mentionné tout au long de ce récit. Elle souhaite que le droit des victimes soit reconnu. Pour conclure, sachez qu’un numéro vert a été mis en place pour les signalements : le 3020 et qu’un site est disponible pour briser la loi du silence et faire face à ce phénomène beaucoup trop présent : site nonauharcelement.education.gouv.fr